Une autre histoire, sur la piste des Dieux

Une autre histoire, sur la piste des Dieux

Le livre de Dzyan

 

Le Livre de Dzyan est un très vieux texte ésotérique d'origine tibétaine.  Il est le premier d'un ensemble de  volumes constituant les commentaires des livres sacrés du Kiu-Té.
En occident ce livre a été porté à l'étude par Helena Blavatsky, qui échafauda sa Théosophie sur ces bases.
 
Le livre de Dzyan constitue une chronique de l'Inde ancienne relatant notamment la création du monde et de l'homme. Il raconte une Génèse non conforme avec les préceptes bibliques de l'Eglise catholique, qui le frappa d'anathème dès sa divulgation au public occidental.

 

Des références à cet ouvrage existent aussi dans les œuvres de H.P. Lovecraft. Il en fit mention dans sa fiction sous le titre de Stances de Dzyan.

 

Stance I


1. L'Éternelle Ancêtre, enveloppée dans ses Robes à jamais
Invisibles, avait de nouveau sommeillé pendant Sept Éternités.


2. Le Temps n'était pas, car il dormait dans le Sein Infini de la
Durée.


3. Le Mental Universel n'était pas, car il n'y avait pas de Ah-hi
pour le contenir.


4. Les Sept Chemins de Béatitude n'étaient pas. Les Grandes Causes de
la Misère n'étaient pas, car il n'y avait personne pour les produire,
ni pour tomber dans leur piège.


5. Les Ténèbres seules remplissaient le Tout sans Bornes, car le
Père, la Mère et le Fils étaient de nouveau un, et le Fils ne s'était
pas encore réveillé pour la Roue nouvelle et son Pèlerinage sur elle.


6. Les Sept Seigneurs Sublimes et les Sept Vérités avaient cessé
d'être, et l'Univers, Fils de la Nécessité, était plongé en
Paranishpanna, pour être exhalé, par le souffle de ce qui est, et
cependant n'est pas. Rien n'était.


7. Les Causes de l'Existence avaient été éliminées; le Visible qui
avait été, et l'Invisible qui est, reposaient dans le Non-Être
Éternel, - l'Être Unique.


8. Seule, l'Unique Forme d'Existence s'étendait sans bornes, infinie,
sans cause, dans un Sommeil sans Rêves; et la Vie vibrait
inconsciente dans l'Espace Universel, partout en cette Présence
Absolue qui est ressentie par l'Oeil Ouvert de Dangma.


9. Mais où était Dangma lorsque l'Alaya de l'Univers était en
Paramârtha, et que la Grande Roue était Anupâdaka?


Stance II


1. … Où étaient les Constructeurs, les Fils Lumineux de l'Aurore
Manvantarique? … Dans les Ténèbres Inconnues, dans leur Ah-hi
Paranishpanna. Les Producteurs de la Forme depuis la Non-Forme, - la
Racine du Monde, - Dévamâtri et Svabhâvat, reposaient dans la
Félicité du Non-Être.


2. … Où était le Silence? Où se trouvaient les oreilles pour le
percevoir? Non, il n'y avait ni Silence, ni Son : rien que le Souffle
Éternel, qui ne cesse jamais, qui ne se connaît pas lui-même.


3. L'Heure n'avait pas encore sonné; le Rayon n'avait pas encore
jailli dans le Germe; la Mâtripadma ne s'était pas encore gonflée.


4. Son Coeur ne s'était pas encore ouvert pour laisser entrer le
Rayon Unique et le laisser tomber ensuite, comme Trois en Quatre,
dans le Sein de Mâyâ.


5. Les Sept n'étaient pas encore nés du Tissu de la Lumière. Les
Ténèbres seules étaient Père-Mère, Svabhâvat : et Svabhâvat était
dans les Ténèbres.


6. Ces Deux-là sont le Germe, et le Germe est Un. L'Univers était
encore caché dans la Pensée Divine et dans le Sein Divin.


Stance III


1. … La dernière Vibration de la Septième Éternité tressaille à
travers l'Infini. La Mère se gonfle, elle croît de dedans en dehors,
comme le Bouton du Lotus.


2. La Vibration se propage soudain, touchant de son Aile rapide tout
l'Univers et le Germe qui réside dans les Ténèbres, les Ténèbres qui
soufflent sur les Eaux sommeillantes de la Vie.


3. Les Ténèbres rayonnent la Lumière, et la Lumière laisse tomber un
Rayon solitaire dans les Eaux, dans l'Abîme-Mère. Le Rayon traverse
rapidement l'Oeuf Vierge; il fait frissonner l'Oeuf Éternel, qui
laisse tomber le Germe non éternel, qui se condense en l'Oeuf du
Monde.


4. Les Trois tombent dans les Quatre. L'Essence Radieuse devient Sept
en dedans et Sept en dehors. L'Oeuf  Lumineux, qui en lui-même est
Trois, se coagule et s'étend en caillots blancs comme du lait dans
les Profondeurs de la Mère, la Racine qui croît dans les Profondeurs
de l'Océan de Vie.


5. La Racine demeure, la Lumière aussi, les Caillots également, et
cependant Oeaohu est Un.


6. La Racine de la Vie était en chaque Goutte de l'Océan de
l'Immortalité, et l'Océan était la Lumière Radieuse, qui était Feu,
Chaleur et Mouvement. Les Ténèbres disparurent et ne furent plus;
elles disparurent dans leur propre Essence, le Corps de Feu et d'Eau,
du Père et de la Mère.


7. Vois, ô Lanou, l'Enfant Radieux des Deux, la Gloire
resplendissante sans pareille : l'Espace Brillant, Fils de l'Espace
Obscur, qui émerge des Profondeurs des grandes Eaux Sombres. C'est
Oeaohu, le plus Jeune, le ***. Il resplendit comme le Soleil. Il est
le Dragon de Sagesse, Flamboyant, et Divin; l'Eka [ Eka = un, Chatur
= quatre, Tri = trois, Sapta = Sept; Tridasha : Tri = trois X par
dasha (dix) = trois dizaines, ou une armée.] est Chatur, et Chatur
s'approprie Tri, et l'Union produit le Sapta, en qui sont les Sept
qui deviennent le Tridasha, les Armées et les Multitudes. Vois-le,
relevant le Voile et le déployant, de l'Orient à l'Occident. Il cache
ce qui est en Dessus, et laisse voir le Dessous comme la Grande
Illusion. Il désigne leurs places aux êtres Lumineux, change le
Dessus en une Mer de Feu sans rivages, et change l'Un manifestéen les
Grandes Eaux.


8. Où était le Germe, où étaient alors les Ténèbres? Où est l'Esprit
de la Flamme qui brûle dans ta Lampe, ô Lanou? Le Germe est Cela, et
Cela est la Lumière, le Blanc et Brillant Fils du Père Obscur et
Caché.


9. La Lumière est la Flamme Froide, et la Flamme est le Feu, et le
Feu produit la Chaleur qui donne l'Eau, - l'Eau de Vie dans la Grande
Mère.


10. Le Père-Mère tisse une Toile dont l'extrémité supérieure est
attachée à l'Esprit, - la Lumière des Ténèbres-Unes, - et l'extrémité
inférieure à son ombre, la Matière. Cette toile est l'Univers, tissé
avec les Deux Substances combinées en Une, qui est Svabhâvat.


11. Cette Toile s'étend lorsque le Souffle de Feu la couvre; elle se
contracte lorsque le Souffle de la Mère la touche. Alors, les Fils se
séparent et se dispersent pour rentrer dans le Sein de leur Mère, à
la fin du Grand Jour, et redevenir un avec elle. Lorsqu'elle se
refroidit, elle devient rayonnante. Ses fils se gonflent et se
contractent par leur propre Soi et par leur Coeur; ils embrassent
l'Infini.


12. Alors Svabhâvat envoie Fohat pour durcir les Atomes. Chacun est
une partie de la Toile. Réfléchissant « le Seigneur Existant par Lui-
même », comme un Miroir, chacun devient, à son tour, un Monde.


Stance IV


1. … O Fils de la Terre, écoutez vos Instructeurs – les Fils du Feu.
Apprenez-le : il n'y a ni premier ni dernier; car tout est le Nombre
Unique, issu du Non-Nombre.


2. Apprenez ce que, nous, issus des Sept Primordiaux, nous qui sommes
nés de la Flamme Primordiale, avons appris de nos Pères …


3. De la splendeur de la Lumière, - Rayon des Ténèbres Éternelles, -
surgirent dans l'Espace les Énergies réveillées; L'Unique de l'Oeuf,
le Six et le Cinq. Puis le Trois, l'Un, le Quatre, le Un, le Cinq, au
Total, les deux fois Sept. Et ce sont là les Essences, les Flammes,
les Éléments, les Constructeurs, les Nombres, l'Aroûpa, le Roûpa, et
la Force, ou l'Homme Divin, qui en est la somme totale. Et de l'Homme
Divin émanèrent les Formes, les Étincelles, les Animaux Sacrés et les
Messagers des Pères Sacrés contenus dans les Saints Quatre.


4. C'était l'armée de la Voix, - la Mère Divine des Sept. Les
Étincelles des Sept sont les sujets et les serviteurs du Premier, du
Second, du Troisième, du Quatrième, du Cinquième, du Sixième et du
Septième des Sept. Ces Étincelles sont nommées Sphères, Triangles,
Cubes, Lignes et Modeleurs; car c'est ainsi que se tient l'Éternel
Nidâna, - le Oi-Ha-Hu. [ Ou Oeaohu ]


5. Le Oi-Ha-Hu, qui est les « Ténèbres », le Sans-Bornes, ou le Non-
Nombre, Adi-Nidâna, Svabhâvat, le O.
I. Le Adi-Sanat, le Nombre, car il est Un.
II. La Voix du Verbe [ Seigneur dans l'édition de 1888. ] ,
Svabhâvat, les Nombres, car il est Un et Neuf.
III. Le « Carré sans Forme ».
et ces Trois, inclus dans le , sont le Quatre sacré : et les Dix
sont l'Univers Arûpa. Alors viennent les « Fils », les Sept
Combattants, le Un, le Huitième laissé de côté, et son Souffle qui
est faiseur de Lumière.


6. … Viennent alors les Sept Seconds qui sont les Lipika, produits
par les Trois. Le Fils rejeté est Un. Les Soleils-Fils sont
innombrables.


Stance V


1. Les Sept Primordiaux, les Sept Premiers Souffles du Dragon de
Sagesse, produisent à leur tour, de leurs Souffles Giratoires sacrés,
le Tourbillon Ardent.


2. Ils en font le Messager de leur Volonté. Le Dzyu devient Fohat; le
Fils agile des Fils Divins, dont les Fils sont les Lipika, fait des
courses circulaires. Fohat est le Coursier, et la Pensée le cavalier.
Il passe comme un éclair à travers les nuages de feu; il fait Trois,
Cinq et Sept pas à travers les Sept Régions supérieures et les Sept
inférieures. Il élève la Voix, appelle les Étincelles innombrables et
les réunit.


3. Il est l'Esprit qui les guide et les conduit. Lorsqu'il commence
son travail, il sépare les Étincelles du Royaume Inférieur, qui
flottent et vibrent de joie dans leurs demeures lumineuses, et il
forme les Germes des Roues. Il les place dans les Six Directions de
l'Espace, et en laisse Une au milieu, - la Roue Centrale.


4. Fohat trace les lignes spirales pour unir le Sixième au Septième,
-
 la Couronne. Une armée de Fils de Lumière se tient à chaque angle;
les Lipika dans la Roue du Centre. Ils disent : « Cela est bon. » Le
Premier Monde Divin est prêt : le Premier [ « Le premier étant le
second » - lit-on dans le manuscrit de 1886. « Le Premier est
maintenant le Second » - est le texte de l'édition de 1888. ], Le
Second. Alors « l'Arûpa Divin » se réfléchit dans le Chhâyâ Lôka, le
Premier Vêtement d'Anupâdaka.


5. Fohat fait cinq pas, et construit une roue ailée à chaque coin du
carré pour les Quatre Très Saint… et leurs Armées.


6. Les Lipika circonscrivent le Triangle, le Premier Être, le Cube,
le Second Être, et le Pentacle dans l'Oeuf. C'est l'Anneau appelé «
Ne Passe Pas », pour ceux qui descendent et qui montent; et aussi
pour ceux qui, durant le Kalpa, s'avancent vers le grand Jour « Sois
Avec Nous » … ainsi furent formés l'Arûpa et le Rûpa : d'Une Lumière,
Sept Lumières; de chacune des Sept, sept fois Sept Lumières. Les
Roues surveillent l'Anneau.


Stance VI

 
1. Par le pouvoir de la Mère de Merci et de Connaissance, Kwan-Yin, -
le « Triple » de Kwan-Shaï-Yin, demeurant en Kwan-Yin-Tien, - Fohat,
le Souffle de leurs Descendants, le Fils des Fils, ayant appelés de
l'Abîme inférieur la Forme Illusoire de Sien-Tchan et les Sept
Éléments.


2. L'Être Rapide et Radieux produit les sept Centres Laya, contre
lesquels nul ne prévaudra jusqu'au Grand Jour « Sois Avec Nous »; et
il place l'Univers sur ces Fondations Éternelles, entourant Sien-
Tchan des Germes Élémentaires.


3. Des Sept, d'abord Un est manifesté, Six cachés; Deux manifestés,
Cinq cachés; Trois manifestés, Quatre cachés; Quatre produits, Trois
cachés; Quatre et Un Tsan révélés, Deux et demi cachés; Six devant
être manifestés. Un mis de côté. Finalement, Sept Petites Roues
tournent, l'une donnant naissance à l'autre.


4. Il les construit sur le modèle des Roues plus anciennes, les
plaçant sur les Centres Impérissables.

Comment Fohat les construit-il? Il rassemble la Poussière de Feu. Il
forme des Boules de Feu; passe à travers, et autour d'elles, leur
infusant la vie, et il les met ensuite en mouvement; les unes dans un
sens, les autres dans un autre. Elles sont froides, il les réchauffe.
Elles sont sèches, il les humecte. Elles brillent, il les évente et
les refroidit. Ainsi agit Fohat, d'un Crépuscule à l'autre, pendant
sept Éternités.


5. À la Quatrième, les Fils reçoivent l'ordre de créer leurs Images :
Un Tiers refuse. Deux obéissent.

La Malédiction est prononcée. Ils naîtront dans la Quatrième; ils
souffriront et causeront de la souffrance. C'est la Première Guerre.


6. Les Roues les plus Anciennes tournèrent en bas et en haut … Le
Frai de la Mère remplit le tout. Il y eut des Combats entre les
Créateurs et les Destructeurs, et des Combats pour l'Espace; la
Semence apparaissant et réapparaissant continuellement.


7. Fais tes calculs, ô Lanou, si tu veux savoir l'âge exact de la
Petite Roue. Son Quatrième Rayon est notre Mère. Atteins le
Quatrième « Fruit » du Quatrième Sentier de Connaissance qui conduit
à Nirvâna, et tu comprendras car tu verras …


Stance VII


1. Vois le commencement de la Vie sensible et sans forme.

D'abord, le Divin, le Un issu de l'Esprit-Mère; puis le Spirituel :
les Trois issus de l'Un, les Quatre de l'Un, et le Cinq, d'où les
Trois, les Cinq et les Sept. Voilà le Triple et la Quadruple, en
descendant; les Fils, nés du Mental du Premier Seigneur, les Sept
Radieux. Ce sont eux qui sont toi, moi, lui, ô Lanou; eux qui
veillent sur toi et sur ta mère, Bhumi.


2. Le Rayon Unique multiplie les Rayons moindres. La Vie précède la
Forme et survit au dernier atome. À travers les Rayons innombrables,
le Rayon de la Vie, l'Unique passe comme un Fil à travers bien des
Perles.


3. Lorsque l'Un devient Deux, le Triple apparaît, et les Trois sont
Un; c'est notre Fil, Lanou, le coeur de la Plante-Homme appelé
Saptaparna.


4. C'est la Racine qui ne meurt jamais; la Flamme à Trois Langues des
Quatre Mèches. Les Mèches sont les Étincelles qui émanent de la
Flamme aux Trois Langues projetées par les Sept, - leur Flamme, - les
Rayons et les Étincelles d'une Lune unique réfléchie dans les Flots
agités de tous les Fleuves de la Terre.


5. L'Étincelle est suspendue à la Flamme par le fil le plus délié de
Fohat. Elle voyage à travers les Sept Mondes de Mâyâ. Elle s'arrête
dans le Premier, et y est un Métal et une Pierre; elle passe dans le
Second, et voilà – une Plante; la Plante tourbillonne à travers sept
changements et devient un Animal Sacré. Des attributs combinés de ce
qui précède, Manu, le Penseur, est formé. Qui le forme? – Les Sept
Vies et la Vie Une. Qui le complète? – Le Quintuple Lha. Et qui
perfectionne le dernier Corps? – Le Poisson, Sin et Soma …


6. Depuis le Premier-né, le Fil qui unit le Veilleur Silencieux à son
Ombre, devient plus fort et plus radieux à chaque changement. La
lumière Solaire du matin s'est changée en l'éclat glorieux de midi.


7. « Voilà ta Roue actuelle, dit la Flamme à l'Étincelle. Tu es moi-
même, mon image et mon ombre. Je me suis vêtue de toi, et tu es mon
Vâhan jusqu'au Jour « sois avec Nous », où tu redeviendras moi-même
et d'autres, toi-même et moi. » Alors les Constructeurs, s'étant
revêtus de leur première Enveloppe, descendent sur la Terre
rayonnante, et règnent sur les Hommes, - qui sont eux-mêmes…



25/11/2010
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